Enfant unique, forcément tyran ?

Un enfant unique ne devient pas nécessairement un tyran mais force est de reconnaître qu’aujourd’hui, de plus en plus d’enfants, qu’ils soient enfant unique ou non, deviennent de véritables petits caïds et bourreaux pour leurs parents.
Le profil de l’enfant-tyran
Les enfants uniques sont des petits comme les autres. Fort heureusement, tous ne sont d’ailleurs pas des enfants-tyrans. Cependant, bien souvent l’enfant-tyran est enfant unique ou l’aîné de la fratrie. Dans la plupart des cas, le tyran est un garçon qui s’en prendra plus facilement à sa mère surtout s’il la sent plus fragile ou lorsque le père est absent.
On parle d’un enfant-tyran lorsqu’il abuse de l’autorité parentale. Ses revendications et exigences à répétition sont telles qu’elles concernent tous les domaines de la vie obligeant les parents à réaménager leur propre quotidien en fonction de ses désirs à lui. Cette tyrannie peut s’exercer dès le plus jeune âge jusqu’à la fin de l’adolescence (ou post-adolescence).
Notre cher petit despote
L’enfant unique polarise toutes les attentions. Il sait d’emblée qu’il se trouve au centre des préoccupations de ses parents et il en joue. Le "hic" est que certains parents lorsqu’ils n’ont qu’un enfant ont tendance à vouloir en faire trop et à céder à tous leurs caprices et envies. Il faut trouver le bon équilibre entre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. A vous de fixer les limites ! L’enfant va vous tester car il apprend très vite à repérer les failles de votre système éducatif. Contourner les règles devient alors un jeu pour lui. Si vous cédez, son despotisme s’en ressentira d’autant plus durement.
Pouvoir dire "NON"
Savoir dire "non", c’est lui fixer les règles de la vie en société. Ne culpabilisez pas lorsqu’il pique ses colères, ou lorsqu’il exerce un chantage affectif. Pouvoir dire "NON !", ne pas craquer, c’est lui apprendre l’interdit. L’absence d’interdit crée un flou chez l’enfant. En cédant, vous lui ôtez ses envies et, par la même occasion, vous le surprotégez...
Les limites, par contre, constituent des repères rassurants qui permettent de structurer son affectivité. L’autorité parentale devient possible grâce à une relation d’emprise.
Lutter contre la tyrannie
Inverser la tendance ? C’est possible en ne cherchant pas à être un parent parfait. Il faut pouvoir laisser votre enfant se débrouiller. A l’âge où il aurait besoin d’acquérir sa propre autonomie, d’être en mesure de régler ses propres conflits, l’enfant-tyran pourrait se retourner contre vous.
Elever un enfant seul, c’est risquer de l’enfermer dans une prison dorée. Il est donc important que votre enfant fasse d’autres rencontres, qu’il partage des expériences utiles avec d’autres enfants et adultes (profs, moniteurs, grands-parents, ...). Il a besoin d’avoir d’autres contacts que ses seuls parents.
Réagissez tôt car un enfant tyrannique a toutes les chances de vous en faire voir de toutes les couleurs à l’adolescence.


